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Rappels Takata : Stellantis visé par une procédure collective

En pleine tempête judiciaire et après des résultats financiers en baisse, le groupe Stellantis est à nouveau ciblé. Cette fois, c’est l’association de consommateurs UFC-Que Choisir qui lance une action de groupe contre le constructeur automobile, au cœur du scandale des airbags Takata. Une procédure inédite pour l’organisme, rendue possible par une nouvelle loi entrée en vigueur en avril 2025. Citroën, la marque française du groupe la plus touchée, est au centre de cette offensive judiciaire.


Ce qu’il faut retenir :

  • L’UFC-Que Choisir engage une action collective contre Stellantis.
  • Citroën est la marque la plus visée dans l’affaire des airbags Takata.
  • Une nouvelle loi facilite désormais les actions de groupe.
  • L’association réclame des indemnisations multiples : financières, morales et matérielles.
  • L’État est aussi pointé du doigt pour son inaction et le manque de transparence.
  • La première audience est prévue le 15 octobre 2025 à Paris.

Une procédure rendue possible par une nouvelle législation

Depuis la loi du 30 avril 2025, les règles encadrant les actions de groupe ont été assouplies en France. Profitant de cette réforme, UFC-Que Choisir a décidé de lancer une procédure judiciaire contre Stellantis. L’association, peu habituée à ce type d’initiative, a saisi le Tribunal judiciaire de Paris, en marge de la plainte déjà déposée par le cabinet Lèguevaques. L’assignation, toujours en cours de signification, vise la France et les Pays-Bas. La première audience est programmée pour le 15 octobre prochain.


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Une longue liste d’indemnisations réclamées à Stellantis

Pour l’UFC-Que Choisir, Stellantis n’a pas assumé ses responsabilités envers les consommateurs. Malgré les rappels massifs organisés depuis 2023, souvent qualifiés d’anarchiques, l’association estime que les victimes de l’affaire Takata n’ont pas été indemnisées à la hauteur du préjudice subi. Elle réclame donc plusieurs types de compensations :

  • Une indemnité pour la perte de jouissance du véhicule en raison de l’injonction de ne pas conduire (stop-drive).
  • Le remboursement des cotisations d’assurance auto payées durant l’immobilisation.
  • La prise en charge des frais de stationnement, de transport de remplacement, et de remorquage.
  • Une compensation pour les frais de remise en état des véhicules inutilisés (batteries, etc.).
  • Un remboursement pour les annulations de voyages ou d’activités rendus impossibles par l’absence de véhicule.
  • Une indemnité morale liée à l’anxiété générée par les airbags défectueux.

Ces demandes sont présentées comme des mesures de justice pour des automobilistes privés d’usage de leur véhicule, exposés à des risques mortels, et laissés sans solutions concrètes.


Citroën en première ligne dans le scandale

Parmi les marques de Stellantis, Citroën est la plus sévèrement touchée en France. En 2023, les premières vagues de rappels avaient déjà concerné massivement des modèles de la marque. Mais l’affaire a pris une nouvelle ampleur en 2025, avec l’annonce de l’immobilisation de plus de 800 000 véhicules, notamment après un accident mortel à Reims impliquant une Citroën C3 équipée d’un airbag Takata.

La gestion de la crise par Citroën a été jugée inefficace, notamment en raison :

  • Du manque d’airbags de rechange,
  • De l’insuffisance de véhicules de prêt,
  • Et de l’encombrement des ateliers, particulièrement avant les congés d’été.

Une critique sévère de la réponse des pouvoirs publics

L’UFC-Que Choisir ne se limite pas à attaquer Stellantis. Elle critique aussi vertement l’État français pour son manque de réactivité. Malgré plusieurs sollicitations, aucune commission d’enquête parlementaire n’a été ouverte. L’association dénonce les « effets d’annonce » des pouvoirs publics, jugés inefficaces face à la réalité vécue par les consommateurs.


Un nouveau front judiciaire pour Stellantis

Alors que le groupe Stellantis fait déjà face à des difficultés économiques, cette action de groupe ouvre un nouveau front judiciaire. Elle illustre aussi un tournant dans la stratégie des associations de consommateurs, qui n’hésitent plus à exploiter les nouveaux outils juridiques mis à leur disposition pour faire valoir les droits des automobilistes.


Détail des indemnités réclamées par l’UFC-Que Choisir :

Type de préjudiceDétail
ImmobilisationIndemnité journalière pour perte de jouissance
AssuranceRemboursement des cotisations inutiles
DéplacementsFrais de transport de substitution et stationnement
RemorquagePrise en charge des trajets liés aux réparations
Remise en étatBatterie ou frais de redémarrage
Services annulésActivités non honorées faute de véhicule
Préjudice moralAnxiété, stress, et sentiment d’insécurité

Une affaire qui pourrait faire jurisprudence

L’issue de cette action de groupe pourrait avoir des répercussions majeures pour le secteur automobile en France. Elle pose la question de la responsabilité des constructeurs face aux défauts techniques d’équipementiers disparus comme Takata, mais aussi du rôle de l’État dans la gestion de crises sanitaires et industrielles de cette ampleur.

Si l’UFC-Que Choisir obtient gain de cause, cela pourrait ouvrir la voie à d’autres procédures similaires, tant contre Stellantis que contre d’autres groupes impliqués.


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