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Stellantis sous pression en Chine après la faillite de GAC

Alors que la co-entreprise Stellantis–GAC a officiellement déposé le bilan l’été dernier, le nouveau patron du groupe, Antonio Filosa, doit composer avec une situation complexe en Chine. Entre pressions politiques, effondrement des ventes et impératif de redorer l’image du constructeur, Stellantis se retrouve confronté à un défi majeur : réussir sa transition vers le véhicule électrique dans le plus grand marché automobile du monde.


Points clés à retenir

  • Stellantis a vu ses ventes chuter de 700 000 véhicules en 2015 à seulement 30 000 unités sur les 7 premiers mois de 2024.
  • La co-entreprise avec GAC a été déclarée en faillite, après le retrait de Jeep du marché chinois.
  • Antonio Filosa a rencontré les autorités de la province de Hubei, à Wuhan, pour discuter de l’avenir du groupe en Chine.
  • Le gouvernement et Dongfeng attendent des modèles 100 % électriques et ultra connectés.
  • La stratégie actuelle mise sur un nouveau partenariat avec Dongfeng et sur la réussite de Leapmotor.

Un effondrement spectaculaire des ventes

En 2015, alors que PSA était encore indépendant, le groupe écoulait près de 700 000 véhicules en Chine. Moins de dix ans plus tard, Stellantis fait face à une présence quasi anecdotique : à peine 30 000 véhicules vendus entre janvier et juillet 2024. Cette chute libre illustre la difficulté persistante des marques occidentales à s’imposer face aux constructeurs chinois, désormais ultra compétitifs sur l’électrique.

Les trois usines autrefois exploitées par Stellantis en Chine ont été progressivement cédées :

  • La première reprise par Honda.
  • La deuxième transférée à l’État chinois.
  • La troisième restant dans le giron de Dongfeng, mais limitée à des modèles thermiques et à la Citroën C-Elysée électrique.

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Les attentes chinoises : électrification et connectivité

Le marché chinois s’oriente de plus en plus vers des véhicules électriques et connectés. Or, Stellantis reste encore dépendant des motorisations thermiques. Cette orientation est en décalage avec les attentes des dirigeants chinois et du partenaire Dongfeng, qui réclament une accélération dans le lancement de modèles électriques.

Le défi est d’autant plus grand que le marché chinois est aujourd’hui saturé. Les constructeurs multiplient les baisses de prix pour écouler leurs stocks, entraînant une véritable guerre commerciale. Face au risque de faillite généralisée, Pékin a récemment demandé à ses industriels d’arrêter la « braderie » sur les véhicules électriques.


Une faillite symbolique : la fin de la co-entreprise avec GAC

La co-entreprise entre GAC et Stellantis, héritée de l’époque FCA, a définitivement cessé d’exister après avoir été placée en faillite. Jeep, qui devait incarner le renouveau de l’alliance, s’est totalement retiré du marché chinois en 2022. Cette déroute fragilise encore davantage la position du groupe, désormais réduit à compter sur son partenariat historique avec Dongfeng.


Une nouvelle stratégie avec Dongfeng

Lors de sa visite à Wuhan, Antonio Filosa a tenté de rassurer les autorités locales. Le dirigeant italien a confirmé que Stellantis allait de nouveau s’appuyer sur Dongfeng pour lancer de nouveaux modèles électriques spécifiquement destinés à la Chine.

En parallèle, Stellantis mise sur Leapmotor, sa jeune marque chinoise spécialisée dans l’électrique, qui parvient désormais à devenir bénéficiaire. Cette réussite, encore limitée, pourrait constituer un point d’appui stratégique pour le groupe dans un marché où la survie dépendra de l’innovation et de la compétitivité.


Impact et perspectives pour Stellantis

La situation actuelle de Stellantis en Chine illustre parfaitement les difficultés rencontrées par les marques étrangères face à une concurrence locale surpuissante. Pour espérer se relancer, le groupe devra :

  • Accélérer la production de véhicules électriques adaptés au marché chinois.
  • Développer des technologies de connectivité avancée, désormais incontournables pour séduire les jeunes acheteurs.
  • Stabiliser ses partenariats locaux afin d’éviter de nouvelles sorties de marché.

Sans une stratégie claire et rapide, Stellantis risque de rester marginalisé dans un pays qui demeure le premier marché automobile mondial et un acteur clé de la transition énergétique mondiale.


Une industrie en mutation rapide

Le cas Stellantis met en lumière une transformation profonde du secteur automobile en Chine :

  • Les constructeurs nationaux (BYD, Nio, Xpeng) dominent la scène électrique.
  • Les occidentaux doivent s’adapter ou disparaître, comme l’a montré la faillite de Jeep.
  • La pression politique pousse à une électrification massive, quitte à sacrifier les marques jugées trop lentes à s’adapter.

Vers un nouveau départ ?

Stellantis joue une partie décisive en Chine. Si Antonio Filosa parvient à repositionner le groupe grâce à Dongfeng et Leapmotor, Stellantis pourrait se donner une seconde chance sur ce marché incontournable. Mais la route reste semée d’embûches : concurrence féroce, exigences politiques, et marché saturé.

Pour l’instant, l’avenir de Stellantis en Chine dépendra de sa capacité à innover rapidement et à convaincre les autorités qu’il est encore un acteur crédible de la transition vers l’électrique.


Tableau récapitulatif – Situation de Stellantis en Chine

ÉlémentSituation actuelle
Ventes 2015700 000 unités
Ventes Jan–Juil 202430 000 unités
Usines Stellantis1 avec Dongfeng (thermique + C-Elysée électrique)
Co-entreprise GACDéclarée en faillite
Marque en réussiteLeapmotor (électrique, bénéficiaire)
Objectif politiqueLancement de nouveaux modèles électriques

Un défi stratégique pour l’avenir

Le discours d’Antonio Filosa à Wuhan marque une tentative de réconciliation entre Stellantis et le marché chinois. Mais les faits sont là : la marque est fragilisée, ses ventes se sont effondrées, et ses usines ont été réduites à la portion congrue.

Le succès futur dépendra de la capacité du groupe à investir massivement dans l’électrification, à s’adapter aux réalités locales et à redonner confiance aux partenaires chinois. Dans le cas contraire, Stellantis risque de rester un acteur mineur dans un pays qui fait et défait les équilibres mondiaux de l’automobile.


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